Chapitre 2
La conception d’ambiance lumineuse dans la culture et l’événementiel est un processus qui demande une préparation rigoureuse. Voici la deuxième étape de cette série de 9 articles.
2. Analyse du cahier des charges
Réunion des contraintes techniques
Avant toute chose, il est primordial de bien comprendre le contexte et les objectifs du projet : type de lieu (culturel, commercial, industriel), ambiance souhaitée, fonctionnalités attendues, budget, et esthétique.
a) Puissance électrique
La première information que vous devez récolter, c’est la puissance électrique disponible, pour éviter toute surcharge ou problème d’alimentation.
Cela vous permet de choisir les différents projecteurs, qui doivent respecter la capacité électrique du lieu.
Exemple : Si le réseau électrique est limité à 32 A ou 63 A, il faut choisir des luminaires dont la consommation totale ne dépasse pas cette limite.
Je vous renvoie vers le paragraphe « la puissance électrique » de l’article consacré aux projecteurs, pour vous remémorer le calcul à faire pour connaître la puissance totale que vous pourrez utiliser.
Je vous conseille, pour diminuer au maximum la consommation, d’utiliser des projecteurs LED COB, beaucoup moins gourmand que les projecteurs traditionnels.
Répartissez, dans tout l’espace, la distribution de l’éclairage pour éviter toute surcharge électrique.
b) Types d’équipements disponibles
Renseignez-vous ensuite sur le parc de projecteurs disponibles : incandescents, halogènes, fluorescents, LED COB.
Sur leur technologie : à intensité variable, à changement de couleur, etc.
Cela vous permettra de vérifier leur capacité à réaliser l’ambiance voulue et les éventuelles adaptations.
Si vous souhaitez rajouter des projecteurs, assurez-vous qu’ils soient compatibles au système électrique.
Le type d’appareil de contrôle : le gradateur, la console lumière.
Il est, également, bon de savoir si les perches sont mobiles ou fixes. Si elles sont fixes, il devrait y avoir un échafaudage roulant scénique. Mais l’installation est moins aisée dans ces conditions, il faut donc réfléchir à sa simplicité et à sa rapidité (j’y reviens plus bas).
c) Contraintes de sécurité
Attention de bien vérifier que les normes électriques en vigueur, NBN C 15 – 100 en Belgique ou NFC 15 – 100 en France, sont appliquées, notamment en ce qui concerne la mise à la terre, la protection contre les courts-circuits, et la résistance aux chocs.
En demandant au lieu de vous fournir la documentation technique et les certificats de conformité électrique, en vérifiant la présence d’une inspection électrique régulière via le rapport d’inspection mentionnant la conformité avec la norme NBN C 15 – 100 ou la norme NF C 15 – 100, en contrôlant l’état général de l’installation électrique, en vérifiant la conformité spécifique à un lieu culturel.
Aussi, selon l’environnement (zones humides ou poussiéreuses), les luminaires doivent être conformes avec un indice de protection IP adapté.
La draperie doit, obligatoirement, être ignifugée pour éviter tout risque d’incendie.
Vérifiez s’il est aisé d’atteindre les différents équipements, pour facilité la maintenance, la réparation ou le remplacement.
Budget alloué : matériel, prestation, maintenance
Voici ce que vous devez inclure dans votre facture.
a) Matériel
Les éventuels achats ou locations. L’amortissement du matériel que vous possédez (ordinateur, logiciel de conception lumière, console lumière, etc.).
b) Prestation
Le temps que vous consacrerez à la conception, à l’installation (si applicable), à la gestion et au démontage (si applicable).
c) La maintenance
Les vérifications, les ajustements, les éventuelles réparations ou remplacements ponctuels.
Je précise qu’il est courant que la maintenance soit incluse dans la prestation ou prise en charge par le client.
d) Autres coûts éventuels
Le déplacement, la logistique, l’assurance, les frais divers (communication, documentation, etc.) et une marge pour les imprévus.
Analyse de la durée de l’installation, de l’événement et du démontage
a) Préparation et installation
La durée dépend du volume d’équipements, de la complexité de la scénographie lumineuse, et de la disponibilité des équipes techniques.
Il faut inclure, la planification, la livraison du matériel (si applicable), l’installation physique des équipements, la calibration et les essais.
En tant que concepteur d’ambiance lumineuse, vous devez prévoir une installation efficace, en prévoyant, par exemple, des équipements modulaires ou pré-assemblés pour réduire le temps de mise en place. L’équipement doit être rapide à installer et à démonter.
b) Durée de l’événement
En fonction de la durée de l’événement, le choix du matériel utilisé peut être différents, car il existe des équipements avec une grande résistance à la chaleur et à l’usure. Prenez compte de cela si, par exemple, vous faites la création lumière pour une compagnie en tournée avec le matériel.
Adaptez votre programmation en tenant en compte de la durée de l’événement, pour éviter une fatigue visuelle du public.
Planifiez bien la gestion de l’énergie et de la consommation électrique, elle doit être optimisée (économie d’énergie) et éviter les coupures ou les surcharges.
c) Démontage
La phase de démontage est à indiquer dans le planning, plus elle sera rapide et simple, plus il sera facile de respecter le calendrier et d’avoir un coût peu élevé.
Le concepteur lumière doit favoriser un démontage rapide, l’équipement doit pouvoir être facile à débrancher et à transporter.
Conclusion
Cette deuxième étape de la conception d’ambiance lumineuse permet de recueillir toutes les informations relatives aux spécificités du lieu et au matériel disponible, afin d’identifier clairement les possibilités d’ambiances qu’il est possible de réaliser.
Si vous avez apprécié cet article, n’hésitez pas à me le dire en commentaire, ce sera un plaisir de vous lire.
Toute suggestion est la bienvenue, cela permettra à tout le monde d’en profiter et si vous avez des questions, posez-les-moi, j’y répondrai si cela correspond à mes connaissances.
N’hésitez pas à suivre le blog pour d’autres articles.
À bientôt !